
Ville de Meknes
La cinquième ville du Maroc s'avère plus joyeuse que Fès,sa voisine et rivale. Serait-elle aussi plus " impériales"? Avec ses perspectives immenses, ses 25 Km de rempart,ses magasins cyclopéens,ses vaste champs de parade,avec ses bâtiments aux dimensions gigantesques mais néanmoins harmonieuses, Meknès,la capitale de Moulay Ismail,le plus grand bâtisseur du Maroc,offre un impressionnant tableau. Les dépliants touristiques ont été jusqu'à accorder au nom de Meknès le qualificatif de "Versailles marocain".Mais c'est du coté des anciennes capitales assyriennes que les amateurs de comparaisons devraient orienter leur imagination,vers le palais de Khorsabad ou de Nimroud.
Découvrir Meknès.
Les promenades.
1-La médina. Moins tumultueuse que celle de Fès,elle n'en n'est pas moins fort agréable avec se nombreux kisarias et ses artisans qui travaillent le damasquiné.
2-L'ancienne ville impériale. Les vastes perspectives et les dimensions impressionnantes des bâtiments n'ont pas d'équivalents au Maroc.
Vivre Meknès.
Découvrir les plus beaux point de vue. La colline ou s'élève l'hôtel Transatlantique est rendez vous des photographes qui viennent saisir la superbe vue sur le Nord des remparts. Pourquoi ne pas y revenir le soir,pour boire un verre à la terrasse de ce célèbre hôtel, histoire d'admirer le coucher de soleil?
Autre belle vue sur les remparts, cette fois au Sud,en sortant des haras royaux.
Parcourir Meknès en calèche. Depuis quelques années,la Municipalité encourage ce mode de transport destiné aux touriste. Les calèche sont flambant neuves et stationnent aux alentours de la place el Hédim.
Faire évoluer des purs sangs arabes. Dans les haras de la ville , les palefreniers ne se font généralement pas prier pour sortir quelques purs sang de leur box et les faire évoluer pour vous.
Déguster les meilleurs brochettes de la ville. C'est dans un minuscule restaurant de la médina que l'on trouve,de l'avis général, les meilleurs brochettes de la ville: brochettes de viande hachée, keftas,relevées d'un mélange d'herbes et d'épices dont le patron garde le secret. Ce petit restaurant,sans nom et sans enseigne ,se trouve à l'entrée du souk Nejjarin, en venant de Bâb Berrima.
Goûter les meilleurs olives du Maroc. La réputation des marchands d'olives a gagné tout le pays. Au marché de la place el Hédi,vous trouverez des dizaines de préparations différentes. L'usage- et la politesse - veulent que l'on en goûte plusieurs avant de faire son chois. Une façon de rendre hommage à l'artisan qui les a préparées.
Flâner dans la ville nouvelle. Les bars y fleurissant et l'atmosphère y est plus joyeuse qu'à Fès. Vous pourrez finir dans l'un des night clubs de la ville au son d'un orchestre : ambiance conviviale et peu de touristes.
Meknès mode d'emploi.
On visitera la médina à pied en partant de la place el Hédim à coté de laquelle on pourra se garer,On fera ensuite des sauts de puce en voiture pour visiter la ville impériale car les distances sont assez longues. Préparez de la monnaie pour les gardiens qui vous solliciteront à chaque arrêt. En été la chaleur peut être écrasante. Attention : pour l'excursion dans le massif du Zerhoun,véhicules tout terrain fortement conseillé.
Programme.
Un jour. Après avoir admiré la Bâb Mansour el Aleuj,on consacrera la matinée d'art marocain de Dar Jamai, puis aux souks et à la medersa Bou Inania. l'après-midi, le plat de résistance : les monuments de l'ancienne cité impériale. S 'il reste du temps,on finira la journée par la visite des ruines romaines romaines de volubilis, ou vous pourrez dormir.
Deux jours. Même début de programme, mais soirée et nuit à Meknès. De façon à éviter la chaleur,on se rendra très tôt le lendemain matin au site de Volubilis avant de gagner Moulay Idriss. la ville sainte.
Meknès dans l'histoire.
"Meknès aux oliviers" Meknassa ez Zeitoum, tel est le nom sous lequel un groupe issu de la grande tribu berbère des Meknassa fonda la ville tandis qu'un second groupe allait fonder Meknassa Taza, c'est à dire Taza. Ce ne fut, à l'origine, qu'une série de bourgs construits le long de l'oued dont les chroniques du temps vantent les richesses:légumes, olives, figues, etc. On trouve encore des " matmoras",silos à grains enfouis dans le sol aux parois enduites de chaux hydraulique. Ils remonteraient au temps du " Sultan Noir ",chef des Almoravides. Ces derniers,conduit par Ibn Tachfin,s'emparerent de Meknès en 1069. Ils construisirent un premier bastion de surveillance à l'emplacement de l'actuelle mosquée El berdain et une kasba sur le plateau ( aujourd'hui quartier de Touta).
Première prospérité,première décadence. Après un premier échec d'Ibn Toumert qui avait,vers 1120,tenté de soulever la population contre les Almoravides,son successeur Abd el Mou'men,veritable fondateur de la dynastie Almohade, établit son camps devant la kasbat s'empare de la ville en 1145.Abd el Mou'men la détruit. il bâtit à l'emplacement de son camp une ville neuve remarquable par son plan quadrillé typique des Almohades. Traitée avec rigueur, la cité se dépeupla. A la longue, des mesures plus douces furent prises,lui amenant une certaine prospérité. Mais cette époque florissante dura peu. Meknès fut durement éprouvée par les désordre qui marquèrent la disparition des almohades en l'avènement des Méridiens, ceux-ci établirent leur makhzen dans la kasba abandonnée et construisirent,entre autres, la médersa Bou Inania. Après une courte période de tranquillité sous les Mérides,marquée par quelques importants travaux d'urbanisme,la ville subira encore les l'affaiblissement de cette dynastie. Le sage gouvernement du Ouattaside Abou Zakaria puis,après 1547,la réussite des Saadiens lui feront connaître quelque répit.
la capitale de Moulay Ismail. Redoutant l'esprit frondeur des gens de Fès et de Marrakech,le second souverain alaouite ( 1672-1727) devait faire la fortune de Meknès en y transférant le siège de sa capitale.
Avec une ardeur inlassable, il entreprit de la doter de monuments grandioses. il assigne à cette tache une armée de terrassiers, de maçons et d'ouvriers recrutés parmi les esclaves noirs ou les condamnés de droit commun. il astreint au travail les tribus des environs. Des captifs chrétiens détenus à Meknès y participèrent également. leur nombre ne dépassa jamais quelques centaines,sauf après la prise de Larache (1689) ou il s'éleva,pour quelque temps,jusqu'à 3000.
Un souverain omniprésent. Moulay Ismail ne ménageait pas sa peine. il surveillait lui même les travaux,punissant parfois de mort les moins empressés,montrant l'exemple le pie à la main.
En quelques années,il rasa l'ancienne kasba mérinide et détruisit au sud tout un quartier de la vieille ville. il y éleva des kilomètres de bastions et de murailles, des porte monumentales,des greniers et des écuries immenses de grands bassins et de spacieux jardins, des mosquées, des kasbas pour sa garde, des arsenaux, des terrains d'exercice et des palais pour son harem. De nombreux monuments de Volubilis et de Marrakech ( notamment le palais el Badi) eurent à pâtir de ce zèle constructeur.
L'ardeur de Moulay Ismail se manifesta aussi dans le domaine diplomatique. Après la signature,avec Louis XIV, d'un traité (1682) qui ne fut guère qu'un chiffon de papier,il multiplia sans succès les démarches en vue d'épouser Marie-Anne de Bourbon,fille légitimée du Roi de France et de Louise de la Valliere et future princesse de Conti.
La fin d' un grand rêve. Malgré la poursuite des travaux par son fils Moulay Abdullah et les constructions entreprises par Sidi Mohammed ben Abdellah, Meknès,qui était devenue la quatrième ville impériale,et le centre de l'empire de Moulay Ismail, déclina rapidement après la mort de l'illustre souverain. D'énormes projets furent abandonnée, et les sultans transférèrent leur résidence tantôt à Fès,tantôt à Marrakech.
Meknès aujourd'hui
Deux agglomérations bien distinctes,séparées par le vallon de l'oued Boufekrane,composent la ville. l'ancienne cité comprend la ville impériale et la médina;cette dernière,sans posséder le charme de celle de Fès, est néanmoins fort agréable.
la ville nouvelle,construite à partir de 1920 sur un plateau voisin,s'avère elle aussi plaisante,mais si elle ne possède pas de bâtiment remarquable.
Enfin,si Meknès est une ville joyeuse,c'est peut être qu'elle se situe dans la principale région de production vinicole du pays...
La médina
Des portes en bois ouvragées et des auvents travaillés jalonnent cette médina,moins somptueuse qui celle de Fès mais aussi paisibles. On assistera avec plaisir aux ventes aux enchère et un travail des artisans qui façonner le damasquiné.
durée:promenade de 2h;moins d'1h 30 si l'on renonce au détour par Bab el Jedid.
Départ: place el Hedim.
La place el Hedim est le centre névralgique de toute promenade en ville qui ne soit pour visite de la médina comme pour découvrir la ville du fringant et mégalomane Moulay Ismail. Les guide le savent et seront fort empressés, Inutile de vous encombrer,Meknès n'est pas Fès et la visite en est aisée.
El Hedim signifie " la démolition" .Ce nom un peu extravagant lui est resté à la suite de énormes travaux de reconstruction à l'époque de Moulay Ismail:ici il y avait l'espace pour entreposer les tonnes de pierres en transit et autres décombres.
Cette immense esplanade (200m de long, 100m de large),aussi dénudée que torride pendant la journée. s'anime particulièrement le soir. Elle devint alors le grand lieu de rencontre de la ville,et s'anime à la manière de la place Jemma el Fna de Marrakech. Récemment réaménagée,elle est aujourd'hui bordée de construction modernes. Celle de gauche abrite un grand marché couvert aux fruits et légumes:on y trouve notamment les fameuses olive de de Meknès.
Bab Mansour el Aleuj est la plus importante et la plus remarquable des portes de meknès certains disent la plus belle du Maroc. Pierre Lotti la décrivait comme un ensemble "de combinaisons géométriques inimaginables qui dérouter les yeux comme un casse tête".
Commencée sous le règne de Moulay Ismail, et achevée par son fils le sultan Moulay Abdallah en 1733,elle tire son nom de celui de Mansour el Aleuj.ou Mansour le renégat chrétien,qui en aurait été l'architecte. Son ornementation ou domine un réseau d'entrelacs se détachant en relief sur le fond de céramiques et de mosaïques à dominante verte est remarquable.
Bab Jamaa en Nouar à la droite de la porte précédente,de proportion plus modeste mais fort harmonieuses est de la même époque. Elle conduisait à la mosquée en Nouar, transformée en école.
Le Dar Jamai s'élevé sur la place à l' opposé de Bab Mansour. Comme le palais du même nom situé à Fès,il a été édifié par le vizir Jamais, ministre de Moulay el Hassan ( 1873-1894)
Avec son jardin de type andalou planté de cyprès et d'arbustes,ses locaux à destination très variée et disposés suivant une ordonnance pleine de fantaisie,c'est un très beau spécimen des habitations de la haute bourgeoisie marocaine de la fin de XIX.
Apres avoir reçu diverses affectations,dont celle d'hôpital militaire pendant la première guerre mondiales,il abrite depuis 1926 un musée des Arts marocain qui témoigne de la prospérité de l'artisanat à Meknès et dans sa région.
salle1: belle collection de tapis venant de Meknès et du Moyen Atlas.
salle2: céramique de Fès,reconnaissable à ses tons bleutés.
salle3: la céramique de Meknès.
salle4: travail du bois. Coffre et porte en bois de cèdre.
salle5: collections de caftans.
salle6: collection de bijoux provenant de différentes régions,villes et campagnes.
salle7: reconstitution de l'intérieur d'une tente de nomade.
Pour gagner les souks,en sortant du musée prendre la rue Sekkakin dont les échoppes sont occupées surtout par des quincailliers. On rejoint ainsi à droite la rue du souk en Nejjarin,qui abrite également les fabricants d'ustensiles en cuivre.
A gauche la mosquée de Bab Berrima fut élevée au XVIII sous le règne du sal tan Sidi Mohammed ben Abdallah.
L'avenue du Mellah se détache à gauche. Le mellah,cité fermée par trois portes, a été construit au XVII. sur un terrain offert par Moulay Ismail à un médecin juif,ensuite à la guérison d'une princesse bien aimée. il est sillonné de rues étroites bordées de maisons à étages maintenant occupées par des familles musulmanes; leurs anciens occupants israélites ayant émigré.
Au delà de la rue Sekkakin, le souk se prolonge vers le nord par le souk Bezzarin, un bazar populaire avec ses échoppes de vanniers,tissus et ustensiles d'usage quotidien, la rue longe l'extérieur de rempart et aboutit à Bab el Jedid.
Bab el Jedid,l'une des plus anciennes portes de Meknès, pourrait remonter à l'époque almohade. la place est entourée de vieux foudouqs et de boutiques.
On peut regagner l'entrée du souk en Nejjarin en suivant,amis du coté intérieur de remparts cette fois, la rue des Serraira,que l'on atteint en tournât immédiatement à droite après avoir franchi Bab el Jedid. la encore,foule et animation garanties.
La mosquée en Nejjarin à droite peu après le début du souk en Nejjarin,est une fondation almohades restaurée par Mohammed ben Abdula (1756) à qui l'on doit,notamment, le minaret actuel. Elle possède une jolie porte en bois et stuc surmontée de tuiles vertes.
La kisari el Dlala se trouve à proximité de la mosquée au milieux d' un souk aux tissus. Tous les jours,vers 15 h à l'exception du vendredi,elle abrite une vente à la criée de tapis et couvertures berbères.
La rue du souk es Sebbat est celle des marchants de chaussures,de tissus,de vêtements,de souvenirs et de bien d'autres commerces non alimentaires.
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